Les Championnats de France sont une belle école de la vie

A l’occasion du Championnat de France Espoirs organisé à Martigues, nous avons rencontré Gaby Penn, membre du Conseil d’Administration en charge du développement des pratiques Jeunes à la Fédération Française de Voile.

Gaby, les Championnats de France Espoirs et Jeunes Foils débutent sur l’étang de Berre, cette semaine. Cela va être une véritable fête de la voile ?

Les Championnats de France Jeunes qu’ils soient Minimes, Espoirs ou Jeunes sont toujours des moments très attendus par tous les coureurs qui y sont sélectionnés. Au-delà de l’aspect sportif qui est très important, ces épreuves sont une belle fête, avec un aspect humain important et auquel nous tenons. Les compétiteurs viennent tous avec des objectifs sportifs, mais le fait de pouvoir croiser les copains qui naviguent sur d’autres supports ou dans d’autres régions est un vrai plus. Ces temps d’échanges à terre sont très importants et participent à la réussite et aux bons souvenirs que les compétiteurs garderont de leurs championnats. Nous avons d’ailleurs renforcé cette notion de transversalité en permettant aux compétiteurs de participer à l’issue de leur Championnat de France à des compétitions en flotte partagée foils. La transversalité est alors sportive et humaine. Cela a bien fonctionné lors du Championnat de France Minimes en juillet et je ne doute pas que cela sera aussi une belle réussite ici à Martigues.

Les épreuves se déroulent cette semaine sur trois sites différents : Martigues, Miramas et Marignane. Est ce logistiquement une grosse organisation ?

En effet, nous avons des compétiteurs tout autour de l’Etang de Berre. Initialement ce n’était pas prévu ainsi. Nous avons dû nous adapter suite aux problèmes de niveau d’eau dans le lac de Serre Ponçon où nous avions initialement planifié le Championnat de France Jeunes Foil. Je tiens d’ailleurs à tirer mon chapeau au Nautic Club de Miramas et à l’association Kite13 qui nous ont permis de maintenir cette épreuve au calendrier, dans la même région et aux mêmes dates. C’était important pour nous de maintenir ce championnat pour que tous les jeunes foilers aient leur fête. Martigues est quant à lui un très beau site tout à fait adapté à ce type de rassemblement. Le club, professionnels et bénévoles, est très bien organisé pour accueillir une compétition de cette dimension.

Est-ce que les Championnats de France Jeunes sont importants également du point de vue des clubs ?

Nous avons plus de 1000 clubs affiliés à la fédération avec une diversité très importante qui est notre richesse. Cela dépend bien entendu de la politique de chacun des clubs. Beaucoup de clubs ont une politique sportive affirmée. La formation et la réussite de leurs jeunes compétiteurs sont donc très importantes. Quand un compétiteur remporte des médailles sur un Championnat de France, c’est une grande fierté pour tous les membres de son club. Cela représente des budgets importants pour ses structures. Mais il ne faut pas que les sportifs soient uniquement des consommateurs vis-à-vis de leurs clubs. La vie d’un club, du point de vu humain, est très importante et il faut que cela soit donnant-donnant et il faut trouver un bon équilibre.

Comment vont évoluer ces championnats de France ?

L’organisation des Championnats de France Jeunes est une mission régalienne de la FFVoile, donc ce sont des épreuves qui existeront toujours sous une forme ou une autre. Nous avons déjà apporté plusieurs évolutions cette année et nous sommes très à l’écoute des remarques et des idées qui nous permettraient de faire évoluer positivement ces championnats. Il est trop tôt pour tirer un bilan car nous avons d’autres Championnats de France Jeunes à la Toussaint. (NDLR : Championnats France Jeunes X Glisse, Championnats de France Espoirs Match Racing et Championnats de France Jeunes Kite Freestyle). Il y a tout de même un sujet et des acteurs qui sont importants dans notre fonctionnement global, ce sont les entraineurs. Ils jouent un rôle essentiel dans les clubs, puis ensuite pour certains dans les délégations de Ligue régionales et également, pour un nombre encore plus restreint dans les très bonnes performances de nos jeunes lors des compétitions internationales. Nous organisons d’ailleurs un forum des entraineurs Ecole de Sport en novembre prochain. Je pense que nous aurons beaucoup d’inscrits et que ce sera un temps d’échanges très intéressant.

Vous parliez des résultats des jeunes Français lors des compétitions internationales. Ils sont encore nombreux cet été, y a-t-il un effet Paris 2024 ?

Je ne sais pas s’il y a un effet Paris 2024. Peut-être. En tout cas, il est important de donner la chance à tous nos jeunes. De toute façon c’est maintenant qu’il faut préparer Los Angeles 2028, donc tous ces résultats sont de bons augures. Il faut préparer l’avenir et multiplier les échanges entre le haut niveau et les jeunes d’aujourd’hui. Si, par exemple, nous pouvions organiser davantage de regroupements entre les athlètes Olympiques et les jeunes champions cela leur permettraient de voir la globalité d’un projet sportif qui n’est pas que passer des heures sur l’eau mais également de la préparation physique, matériel, de la logistique…

Mais c’est un sujet qui nous éloigne de l’étang de Berre. Je pense que nos 800 jeunes compétiteurs passeront une belle semaine de voile. Participer à ces compétitions c’est une belle école de la vie et j’espère qu’ils en garderont des bons souvenirs.